Premières vues

Premières vues

Passer par dessus le XVIIIe et le XVIIe siècle même et leurs établissements:

Pour retrouver le christianisme intégral;

Non plus correctement assis et régnant par les rois et d’ailleurs très intérieur;

Mais luttant, agissant d’une action sociale, plutôt que politique, – d’ailleurs vivant d’une vie intérieure intense;

Non plus défiant à l’égard du Pape et se gardant de lui, mais au contraire confiant;

Non plus ayant une sorte de morgue aristocratique à laquelle échappent seuls les saints et un ou deux grands hommes, mais populaire;

Et devant la raison humaine et la science moderne, non plus en défiance, ou timide, mais hardi, hardi pour se poser lui-même, hardi aussi pour accepter dans ce moderne l’acceptable; allant donc là aussi, par delà l’établi, jusqu’à l’intelligence humaine même, jusqu’à l’âme humaine même, pour se trouver d’accord avec elle, même en la contrariant, même en la dépassant.

Voilà l’œuvre intellectuelle catholique du XIXe siècle.

Se détacher du passé proche, qui a fait son temps;

Retourner à un passé plus lointain, et aux origines mêmes, sans rien répudier de tout l’héritage;

Se dégager de l’étroit, du temporaire, du partiel, de l’abstrait, pour retrouver l’humain et le divin.

Alors un sens plus vif, une intelligence plus complète de la réalité humaine, historique du Christ et du Christianisme, les toucher de ses mains – critique historique, etc.

Sentir son cœur d’homme battre;

Le Sacré Cœur;

La sainte Vierge et les Saints;

N’est-ce pas le caractère de la vie intellectuelle du catholicisme au XIXe siècle?

Et qu’entrevoyons-nous pour le XXe?

La paix dans la vérité rayonnante viribus unitis.

– Léon Ollé-Laprune, Premières vues, in La Vitalité Chrétienne, Perrin, Paris, 1901, lx + 342p. à p. 1)