Albert Lamy: L’oeuvre de M. Ollé-Laprune

L’ŒUVRE DE M. OLLÉ-LAPRUNE1

Lorsque parut, en janvier 1894, le premier numéro du Sillon, nous déclarions vouloir « aller au vrai avec toute notre âme », et nous n’avons pas cessé de faire effort pour demeurer fidèles à cet engagement. Nous nous sommes défiés de l’abstraction, parce que les concepts qu’elle élabore, si à la vérité ils conviennent à un grand nombre de réalités concrètes, n’expriment complètement aucune d’elles ; nous nous sommes défiés même du langage, parce qu’il est le seul véhicule possible, je ne dis pas du sentiment, mais de la pensée, il la contraint toujours et la froisse, en la serrant dans des vocables trop étroits. Cette préoccupation voulue de la vie nous séparait radicalement des intellectuels purs, des professionnels de la dialectique abstraite, elle nous unissait, au contraire, à toutes les âmes, inquiètes ou paisibles, hésitantes ou assurées, pour peu qu’elles voulussent vivre. De cette résolution première et des bienfaits moraux qui en ont pu être la suite, nous sommes en grande partie redevables à l’influence de M. Ollé-Laprune. Il connut nos projets presque aussitôt (que nous-mêmes, et les approuva dès l’abord ; un de ses livres nous prêta notre devise ; son amitié nous suivit constamment. Il voulait bien reconnaître en notre esprit quelque chose du sien, et c’est avec un filial respect que nous voulons ici dire quelques mots de son œuvre.

La formule de sa pensée, si l’on peut ainsi dire, était bien celle-ci : philosopher avec l’âme entière, et non point avec l’esprit seul. En d’autres termes, la vie n’était point, pour lui, seulement à la fin de la spéculation, mais aussi au commencement. Il prenait à la lettre, et dans son plein sens, l’adage : prius est vivere, deinde philosophari. « Les choses morales, les choses divines échappent à qui n’en vit point et n’en veut point vivre. Le mépris ou la négligence rend incompétent »2. Et ailleurs : « J’ai dit dès le premier instant de ces recherches : je philosopherai avec tout moi-même, dans une atmosphère tout imprégnée de Christianisme. Je philosophe en homme qui pense, homme vivant, homme complet, et chrétien »3. Sa vie était, en effet, tonie chrétienne. Le livre auquel nous empruntons cette loyale déclaration, le Prix de la vie, est destiné à établir que la vie « est singulièrement précieuse si l’on considère ce pour quoi elle nous est donnée et ce que nous en pouvons et devons faire »4. Or elle nous est donnée pour réaliser un bien humain que ce monde terrestre et misérable ne comporte pas, d’où la nécessité d’une vie future dont la présente n’est qu’une préparation et un signe ; d’autre part ce bien veut être réalisé par l’amour, seul ressort efficace de la faiblesse humaine, et qui projette l’homme jusqu’au sein même de Dieu. Mais Dieu est le Christ, s’il est vrai que c’est la pensée chrétienne, intimement présente à l’âme de l’auteur, qui par une route plane et continue, encore que parfois il l’ait fallu dégager de certains obstacles, l’a conduit de l’expérience morale à l’affirmation de la règle suprême et totale : il faut exprimer et imiter Dieu. Le Christianisme est donc la vérité et le salut.

Mais où trouver le Christianisme ? M. Ollé-Laprune ne parait pas hésiter seul instant : c’est à l’Eglise catholique qu’il s’adresse, ou plutôt se remet. Il va droit à Rome. Je ne sache pas que nulle part dans son œuvre, il en ait exposé ex professo les raisons, mais ce n’est pas à dire qu’il marchât à l’aveugle. Philosophe, il n’avait point à faire œuvre personnelle de critique historique, mais il était assuré, après sérieux examen, de la continuité de la tradition chrétienne dans l’Eglise catholique, depuis le Christ jusqu’à nos jours5. Au reste, son expérience personnelle de la vie selon l’Eglise d’aujourd’hui s’accordait assez avec sa connaissance approfondie et familière de l’esprit évangélique pour qu’il fût en cela définitivement affermi. Son orthodoxie, spéculative et pratique, était absolue. Il obéissait à l’Eglise, par raison et par amour. Il y avait en lui une piété simple, active, constante, une intelligence docile en même temps qu’avisée, pénétrante et merveilleusement souple, qui, sans contrainte ni gène, se contenait dans les limites que la foi impose au libre examen. Il ne pouvait souffrir qu’on diminuât ou atténuât l’enseignement dogmatique, ni qu’on rêvât (raccommodement avec l’autorité. Il n’a jamais recherché le « minimum de croyance ». Il comptait parmi les plus beaux jours de sa vie ceux qu’il avait passés à Rome, presque au Vatican même, sous la bénédiction plusieurs fois reçue du Pape, qu’il vénéra il filialement. Nous avons appris de lui-même ce qu’il alla chercher à Rome : ce ne fut point proprement un soutien de sa foi, ni un renouveau de son christianisme ; il y alla pour voir et saluer de plus près l’Eglise catholique, pour entendre, penché sur elle, les battements de son cœur vivant. H la trouva toute vigoureuse et active, forte de son long passé et jeune par son aisance gracieuse au sein des conjonctures présentes. Cette antiquité unie à cette jeunesse excitaient à juste titre son admiration, il ne se lassait pas d’en parler et d’en écrire. « Ce qu’il faut demander à Rome, c’est l’esprit même qui l’anime. Elle a des principes d’une consistance absolue, et une action souple et variée. Comme elle, avec elle, par elle, il faut nous renouveler. Comprenons et pratiquons la nouveauté dans les choses contingentes pour y introduire la grande, l’éternelle nouveauté, celle du Christ. Rome, si solidement assise et si heureusement mouvante, a le secret de la vie »6.

Or il n’est pas permis au chrétien, participant à la vie du Christ et de l’Eglise, de la garder pour lui seul, comme un avare. Il doit la transmettre aux autres hommes, selon qu’il est en lui, afin que le règne de Dieu s’étende. Dieu n’est pas satisfait pour s’entendre dire, même régulièrement, chaque matin et chaque soir : « que votre règne arrive ! » : il veut surtout qu’on y travaille. M. Ollé-Laprune parlait souvent du « règne du Christ », et il travaillait sans relâche à son avènement. Non qu’il se piquât d’avoir reçu de Dieu, comme on l’a dit avec une ironie méchante, je ne sais quelle mission mystique, mais il avait conscience des devoirs que lui imposaient et sa situation et les connaissances qu’il avait acquises : c’était avec simplicité et sans fausse modestie qu’il les accomplissait. Il nous a laissé une apologétique complète.

Cette apologétique, bien que fondée sur le fait et les conditions de la vie, demeure rationnelle et dogmatique. Ni l’orthodoxie de M. Ollé-Laprune, ni l’équilibre de sa nature ne se fussent accommodés d’un mysticisme exclusif. Déjà dans son livre de la Certitude Morale, il nous avertissait que si l’on obéit au premier des devoirs intellectuels, qui est de penser avec « toutes les forces unies de son âme », on acquerra la certitude de vérités qui pour n’être pas pleinement pénétrables à l’intelligence pure, n’en seront pas moins rationnellement établies. La certitude morale « est tout ensemble assentiment de la raison et consentement de la volonté ; elle est savoir et foi. La foi morale, comme toute foi, a ses obscurités : son objet est si haut, et nous le regardons de si loin ! »7 Ainsi, en introduisant dans la connaissance même naturelle une foi, obscure en quelque manière comme toute foi, et par conséquent comme la foi religieuse positive, M. Ollé-Laprune préparait cette apologétique de l’harmonie et de la convenance dont il était, aux yeux de notre génération, le représentant par excellence.

Cette harmonie et convenance que percevait si distinctement M. Ollé-Laprune entre le surnaturel et le naturel bien entendu, jointe au sens si éveillé de la vie que nous avons remarqué en lui, devait faire concevoir l’état chrétien d’intelligence et de cœur comme une paix, une unité. Le premier de ses ouvrages dogmatiques, que nous avons déjà cité, manifestait une préoccupation de « diminuer la division des esprits » en rappelant aux hommes leurs « devoirs intellectuels »8. Et il entendait parler de la division des esprits non seulement entre eux, mais chacun avec lui-même, puisque l’accord à établir était entre la vie et la pensée, sous la primauté reconnue de la première. Dans Philosophie et le temps présent, il se propose de « contribuer en quelque chose à la restauration de la raison, si l’on peut ainsi parler, en rendant à l’esprit confiance en la vérité, son objet, et dans ses ressources bien employées »9. Ce livre, dit-il, « propose des règles de la direction de l’esprit, à tous il indique quelques moyens de diriger l’effort intellectuel de manière à obtenir, de toutes choses, et surtout des choses essentielles, des idées nettes, simples, pleines. » C’est pourquoi il s’attache à reconnaître le vice de certaines conceptions modernes de la philosophie, puis à la définir selon sa propre pensée, en elle-même et dans ses « conditions morales », à y montrer les « points fixes », jusqu’à ce qu’il arrive, pour conclure, à en célébrer la dignité, la hauteur : « Elle procure, à qui sait en soutenir les rudes labeurs, l’honneur insigne et l’insigne joie de connaître, par raison, d’une manière vraie, encore que très incomplète, ce qui est et Celui qui est »10.

Mais si cette connaissance philosophique de l’être, bien que vraie, demeure incomplète, n’est-il pas vrai de dire qu’elle laisse possible encore la division, dans la mesure même de son insuffisance ? M. Ollé-Laprune n’estimait pas que la philosophie « par raison » seule fût propre à faire la paix, mais il disait : « Si la pensée redevient chrétienne, une philosophie nouvelle naîtra, qui sera l’expression et le fruit de l’intelligence régénérée et pacifiée »11. La paix dépend donc du triomphe de la pensée chrétienne, qui elle-même est une pensée croyante, et la croyance est un acte moral ; donc tant qu’on n’aura pas obtenu l’unanimité pratique dans la foi à l’Eglise et au Christ, la paix ne sera point acquise. C’est ce que M. Ollé-Laprune exposait dans son opuscule des Sources de la paix intellectuelle. Il l’écrivit sous l’empire de préoccupations concrètes, après avoir lu et relu le Devoir présent de M. Paul Desjardins, les études de M. A. Leroy-Beaulieu sur la Papauté, le Socialisme et la Démocratie, et pendant que se définissait le « mouvement moral et religieux où le vicomte de Vogué, M. Charles Secrétan, M. Edouard Rod »12 prenaient une part prépondérant »13. En y traitant, une fois de plus, « la question de la paix », M. Ollé-Laprune insistait sur ce que le christianisme seul, comme contenant la vérité morale entière, a la vertu de régénérer et de pacifier les esprits ; il y dissipait les vains « fantômes de christianisme qui font peur », et concluait au retour sans arrière-pensée à l’Eglise catholique, celle de Léon XIII, le grand pape moderne, en qui vivent ensemble, harmonisés, l’esprit antique du Christ et la jeunesse du siècle présent.

Il importe en effet de remarquer combien peu je ne dis pas seulement abstrait, mais combien peu retiré, était le christianisme de M. Ollé-Laprune. Sa vie chrétienne n’était point celle d’un ermite ou d’un moine, mais bien d’un séculier. Elle n’en était que plus riche et épanouie, sans rien perdre du recueillement nécessaire. Ses derniers livres surtout ne se terminent pas sans des considérations et des avis immédiatement pratiques, des encouragements à l’action quotidienne et continue. Dans le Prix de la Vie en particulier, se trouve définie « notre tâche aujourd’hui et demain », car « puisque les circonstances diversifient, non pas le fond, mais la forme du labeur humain, il importe de dire sur l’usage et l’emploi de la vie à l’heure présente, quelques paroles nettes ». Il faut faire quelque chose, et exceller en ce qu’on fait, voir clair et toucher juste, se dégager des vains scrupules qui entravent.

Il faut aller à ce qui est d’intérêt actuel : aux « questions sociales ». Et parlant à des jeunes gens ou à des hommes, à Lyon ou à Juilly, il les entretenait de la Virilité intellectuelle14, qui comporte la fécondité, ou encore du Devoir d’agir15.

Partie donc de la vie, la philosophie de M. Ollé-Laprune aboutissait à la vie. Plus exactement : docile dès l’origine aux conditions de la vie en général, sa pensée, inspirée et conduite par le christianisme, pénétrait ensuite avec, une remarquable souplesse et réduisait harmonieusement à l’unité les devoirs multiples et variés qu’impose au chrétien l’heure présente, et que l’Eglise énonce par la voix du Pape. Nous voyons maintenant comment l’œuvre intellectuelle de M. Ollé-Laprune, ou pour mieux dire, toute son œuvre de plume et de parole était gouvernée et commandée par le sens de la vie concrète et détaillée, qu’il possédait au plus haut point. La philosophie n’est pas seulement science, mais encore affaire d’âme et œuvre de foi. C’est-à-dire quelle est affaire de vie et œuvre de vie : « Qui ne veut pas vivre d’une vie totale et normale ne peut philosopher comme il faut »16. Les notions qui gouvernent ou représentent la vie sont celles-là mêmes que la philosophie digne de ce nom doit préciser, définir, co-ordonner, défendre contre l’analyse dissolvante ou le scepticisme méprisant. Non qu’il n’en faille éprouver la solidité, ni distinguer soigneusement le contenu, afin d’en être consciemment assuré ; mais la vie est le dernier juge, et non pas une logique abstraite, indéfinie par nature, incapable de fournir d’elle-même un juste terme à son opération, des notions philosophiques et vitales sont celles du sens commun, mais d’un sens commun épuré de tout préjugé, garanti par l’analyse contre toute contradiction, devenu précis et net dans un esprit lumineux et ferme. M. Ollé-Laprune les tenait de sa formation spiritualiste, encore qu’après les avoir reçues il les approfondît et les amplifiât, mais on sait avec quelle reconnaissante fidélité il aimait à se réclamer de son maître Caro17. Non content de reconnaître à ces notions une valeur vitale incomparable, il en maintenait la portée métaphysique par une augmentation renouvelée elle-même du spiritualisme, au moins dans son ensemble, mais à laquelle son esprit personnel et rigoureux donnait un supplément de force et d’intérêt. Par dessus tout, et c’est ici qu’il convient de le noter, sa foi chrétienne corroborait et établissait définitivement sa conviction philosophique.

Nous avons remarqué le lien logique que M. Ollé-Laprune avait su établir entre sa faculté de raisonner et sa volonté de croire, par la notion de certitude morale. Nous voyons maintenant se manifester, entre ses conclusions philosophiques et les articles du symbole, une continuité ascendante sans doute, mais régulière. L’enseignement de l’Eglise catholique, en effet, tant dogmatique que pratique, est d’ordre vital. C’est-à-dire que pour ce qui est des devoirs qu elle nous impose, l’Eglise nous en formule le code en un langage concret, les définit en notions de sens commun. Et cela est nécessaire, pour que tout homme les trouve intelligibles et praticables. De même, les vérités que nous devons croire nous sont proposées dans un langage concret et de sens commun, afin que tout croyant, quels que soient et son degré de culture, et, s’il en a quelqu’un par devers lui, son système métaphysique, aperçoive du moins avec quelque netteté, et de la même façon que tous les autres, le sens du dogme, faute d’en saisir intuitivement la réalité surnaturelle. Cela étant, il devenait possible de concilier, non seulement formellement, mais matériellement et par leur contenu, la raison et la foi.

C’est à cette conciliation que M. Ollé-Laprune avait voué sa pensée. Elle lui tenait profondément à cœur, si l’on en juge par la probité et la vaillance de son effort, et par l’admiration féconde que lui inspirait l’œuvre du P. Gratry, semblable en bien des points à la sienne18. L’union ainsi comprise et réalisée du dogme catholique et du spiritualisme n’amoindrissait point la foi aux veux du philosophe : nous l’avons dit assez au cours de cette élude. Elle n’asservissait pas davantage, aux yeux du croyant, la philosophie. Elle raffermissait seulement, et la prolongeait. Il faudrait n’avoir pas compris le XVIIe chapitre de la Philosophie et le Temps présent pour accuser M. Ollé-Laprune d’avoir déprécié la philosophie, ou diminué le rôle du philosophe. La vérité est que ce rôle une fois conçu comme essentiellement moral et humain, l’acceptation de la révélation catholique l’élève encore en même temps qu’elle le consacre, puisqu’elle permet au philosophe d’enseigner avec plus de sécurité ce que lui à fait connaître la vie, et lui confie pour les répandre des vérités de même ordre, mais plus fécondes encore et inaccessibles par nature à son investigation. Mais il faut pour comprendre cela, ne pas perdre de vue que le philosophe doit être un distributeur de vérité vivante, un conducteur dames, et non un analyste subtil et solitaire, s’essayant à résoudre dans une chambre close des énigmes que la vie ne pose point, ou à démêler patiemment des écheveaux quelle romprait d’un seul choc. Il est certes permis de concevoir autrement la philosophie, mais on ne peut dire que l’ayant ainsi conçue, M. Ollé-Laprune ait péché contre elle par manque de respect.

Il fut le philosophe honnête homme dont l’image ne disparut jamais de devant ses yeux : lorsqu’il la contemplait, c’est bien lui-même qu’il aurait pu reconnaître. Son âme, son intelligence, son style, étaient « de bonne compagnie », sans l’ombre de pédantisme ni de déformation professionnelle. J’ai presque honte de le dire, tant ces vices lui étaient étrangers, au point que : c’est presque profaner sa mémoire que d’en prononcer le nom à son sujet, même pour dire qu’il ne les connut pas. Sa vie et sa mort même sont partie intégrante de son enseignement, et confirment aux yeux de ceux qui le connurent la vertu pratique d’une foi que ses ouvrages affirment si féconde en fruits d’humanité supérieure. Sa personne et ses écrits ne veulent point être sépares, et ce nous est une grande consolation de le pouvoir à notre gré retrouver tout vivant dans les pages qu’il nous a laissées. Cette unité intime entre ce qu’il lut et ce qu’il dit fait « le mérite singulier et l’inébranlable solidité » de son œuvre religieuse et humaine. « Pénétré de la doctrine révélée, nourri de sa plénitude, il fait passer cette substance qui est devenue sienne, de sa vie dans sa pensée. De ce qu’il est, jaillit la lumière et la preuve de ce qu’il pense, comme sa pensée éclaire et justifie sa loi agissante, par l’harmonie et la beauté qu’elle découvre ou répand de toutes parts. Rien de plus décisif et de plus inattaquable qu’un tel témoignage ; rien de plus probant que la suffisance, si je puis dire, de ce système vivant. Et il n’y a plus qu’à dire : « Venez et voyez et goûtez. » Non, quand on a la foi, quand on pratique ce qu’on croit et quand on recouvre, par la réflexion, tout le sens de sa croyance et de son action, le cercle est clos, il n’y a point de place au doute, la preuve est faite »19.

Albert Lamy.

NOTES

1La Philosophie de Malebranche. Paris, Alcan, 2 vol., 1870.

De la Certitude Morale. Paris, Bélin, 1880 ; 2e éd., 1892.

Essai sur la Morale d’Aristote. Paris, Bélin, 1881.

La Philosophie et le Temps présent. Paris, Bélin, 1890 ; 2e éd., 1894.

Les Sources de la Paix intellectuelle. Paris, Bélin, 1892 ; 2e éd., 1893.

Le Prix de la Vie. Paris. Bélin, 1894 ; 4e éd., 1897.

Ce qu’on va chercher à Rome. Paris, Colin, 1893 ; 2e éd., 1893.

La Vie intellectuelle du catholicisme au XIXe siècle (Ch. I du livre X de « La France chrétienne dans l’Histoire ». Paris, Didot, 1896).

Eloge du P. Gratry. Paris, Lecoffre, 1896.

De la Virilité intellectuelle. Paris, Bélin, 1896.

De la responsabilité de chacun devant le Mal Social. Paris, Société d’Economie Sociale, 54, rue de Seine. Conférence publique prononcée an Comité de Progrès social, le 15 mars 1893.

Attention et Courage. Articles parus dans le « Patriote des Pyrénées », en octobre 1897.

2La Certitude Morale, p. 413.

3Le Prix de la Vie, p. 347.

4Ibid. Résumé analytique. — Dessein de l’ouvrage.

5Dans un article de la Revue chrétienne, 1er mars 1898, M. A. Sabatier écrit : « Tout cela aurait exigé qu’une sérieuse étude historique du dogme catholique et de son évolution vint s’ajouter aux préliminaires psychologiques et métaphysiques posés par le professeur ». Mais où M. Sabatier a-t-il pris le droit de reprocher à un philosophe de n’avoir pas fait œuvre d’historien, ou encore à un architecte de n’être pas notaire ? Et surtout qui l’assure que pour son propre compte, M. Ollé-Laprune ne s’était pas suffisamment renseigné ? M. Sabatier devrait ignorer moins que tout autre que l’histoire du dogme est sérieusement étudiée chez les catholiques, et que M. Ollé-Lapruue pouvait connaître, sans en faire parade, les travaux delà Revue Biblique, par exemple.

6Ce qu’on va chercher à Rome, p. 54.

7La Certitude Morale, p. 414.

8La Certitude Morale, p. 411 et 412.

9La Philosophie et le Temps présent. Résume analytique. —Dessein de l’ouvrage.

10La Philosophie et le Temps présent, p. 375.

11Les Sources de la paix intellectuelle, p. 114.

12Les Sources de la paix intellectuelle, p. vi.

13Dans l’article cité de la Revue chrétienne, M. Sabatier écrit encore qu’à M. Ollé-Laprune, « le sens et le goût de l’histoire des idées faisaient presque entièrement défaut. Il voyait les problèmes… sous le point de vue d’une statique immobile, sub specie aeternitatis. » Non, mais M. Ollé-Laprune jugeait les idées dans l’histoire, même la plus récente, et il pouvait le faire parce qu’il avait des critères fixes. Aussi bien que tout autre il savait définir les problèmes du jour, mais de plus il en dormait une solution, théorique dans ses écrits, pratique dans sa vie et par son influence. Il avait la perspicacité de M. Sabatier, mais n’y insistait pas, parce qu’il avait mieux à faire que d’analyser : agir et faire agir.

14Discours prononcé a Lyon, le 20 mars 1896. Paris, Bélin.

15Discours prononcé à Juilly, le 23 juillet Paris, Dumoulin.

16La philosophie et le temps présent, p. 393.

17Voir Caro, son enseignement à l’Ecole. Brochure, Paris, Bélin, 1894.

18Eloge du P. Gratry, prononcé à Juilly, le 8 février 1896. Paris. Lecoffre.

19M. Blondel, Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d’apologétique, p. 15.